Le 18 juin, Réseau Alliances proposait un atelier-visite au sein de Tissel Nouveau Monde, une manufacture dédiée à l’économie circulaire, installée dans une ancienne friche textile à Roubaix. Retour sur les échanges.
C’est l’une des plus anciennes usines textiles de Roubaix : Tissel est un bâtiment chargé d’histoire. « Tissel est un lieu totem de l’économie circulaire à Roubaix. La ville est mobilisée depuis 2018 sur ce sujet. L’économie circulaire, en particulier l’écologie industrielle et territoriale, est une opportunité pour embarquer les entreprises sur ce sujet. Le territoire est aujourd’hui un terreau fertile pour ces projets » explique Pierre Pecqueur, adjoint à la ville de Roubaix. Le 18 juin, un atelier était organisé pour découvrir ce lieu atypique. « C’est ici que l’on a commencé à tisser les premiers pantalons Cacharel pour femmes. La mairie de Roubaix a acheté ce lieu pour en faire un lieu totem. Un collectif s’est monté, et plusieurs résidents ont emménagé, un peu comme une grande collocation » explique Ophélie Poillion, Directrice de l’animation à Tissel. Le collectif partage plusieurs valeurs autour de l’économie circulaire : conception, allongement de la durée de vie, transformation des produits… « Le projet à long terme est d’ouvrir d’autres manufactures de ce type sur le territoire. C’est un écosystème ». Une vision partagée par Audrey Petit, Cheffe de projet écologie industrielle et économie circulaire à la ville de Roubaix. « Il y a une vraie dynamique autour du sujet, d’où la création du projet Tissel. Celui-ci s’inscrit également dans une volonté de réhabiliter les friches industrielles du territoire : notre souhait était de prouver que l’on pouvait relocaliser la production industrielle en cœur de ville ».

Parmi les résidents du lieu, Recycle-Moi. « C’est une structure associative qui a pour but de réemployer et de redistribuer des vélos à grande échelle » explique Antoine Garandeau, Co-directeur de Recycle-Moi. « 1.5 million de vélos sont jetés chaque année en France alors que la moitié est réparable. Depuis trois ans, nous avons réparé 3 000 vélos. Au cœur de notre process, nous avons aussi l’humain, avec cette idée de former aux métiers du vélo. Nous sommes une structure apprenante, avec une dizaine de personnes qui travaillent au quotidien, et nous en avons formé une vingtaine. Nous voulons créer de l’impact social et environnemental ». Autre acteur présent lors de la table ronde : l’association Ecopal. Historiquement implantée sur le Dunkerquois depuis 25 ans, elle vient de se déployer sur le territoire de la Métropole Européenne de Lille. « Notre mission est de développer des synergies entre les acteurs qui travaillent sur la préservation des ressources, ce qui est un déchet pouvant être une ressource pour un autre. L’idée, aujourd’hui, est de dupliquer ce modèle sur le territoire » explique Lionel Bruyche, Directeur chez Ecopal. Mutualisation, coopération, collaboration sont donc les ingrédients clés pour faire vivre ce type de démarche. « Nous n’aurions pas été aussi vite et aussi loin sans l’écosystème Tissel » explique Antoine Garandeau. « Ça fonctionne car nous avons tous à y gagner : 40 emplois ont été créés. Des personnes du territoire ont également été formées » ajoute Ophélie Poillion. Les participants ont ensuite pu découvrir le lieu et poursuivre les échanges.
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